Rodéos urbains —
pour l'amour
du drift.
Une enquête en immersion dans la nuit belge.
Charleroi, Namur, Bruxelles, Mons. Pendant plusieurs nuits, Louis Dominé et Nicolas Gobiet ont accompagné les drifters belges sur leurs « rassos » illégaux. Drifts, runs, takeover : un vocabulaire codé, des canaux Telegram cryptés, des cagoules, et le bitume qui fume jusqu'à 2 heures du matin. Une enquête exclusive en trois épisodes, illustrée par les photos d'Ennio Cameriere.
Ma mission : direction artistique, design éditorial et développement front-end. Un sujet à haute énergie visuelle — fumée, néons, vitesse — qu'il fallait transposer dans un dossier web sans tomber dans le clip MTV.
Le contraste permanent.
Le sujet vit dans le contraste : passion légitime versus pratique illégale, jeunes « cagoulés » versus policiers en intervention, ambiance fête versus risque mortel. Le design devait porter cette tension. J'ai opté pour une mise en page très contrastée — noir profond, blanc cassé, et des accents de couleurs vives piquées aux phares LED des voitures (rose, jaune, bleu électrique).
« Sur la cover, la photo plein écran d'Ennio en plongée — pneus qui fument, phares colorés perçant la nuit. Pas de surimpression, pas de filtre éditorial. La photo se suffit à elle-même. »
Chaque épisode démarre par une vidéo de cover, en boucle silencieuse, pour installer l'atmosphère avant la lecture. Les chapitres s'enchaînent en lecture verticale fluide — pas de tour de manège interactif, le sujet est déjà assez vertigineux.
Néon dans le noir.
Palette dominée par le noir profond — le bitume nocturne, la cagoule, la fumée. Les accents viennent directement des LED multicolores des voitures customisées photographiées par Ennio : rose flashy pour le drift, bleu électrique pour la police, jaune pour les feux d'artifice. Chaque épisode a sa propre couleur dominante, mais le système reste cohérent grâce au noir comme socle.
Tension entre vitesse et lecture.
Anton — display, condensé, ultra-bold. Pour les titres de chapitre. Une typographie qui évoque les bandes-annonces ciné, les affiches de Fast & Furious — assumée, presque pulp, mais maîtrisée par la mise en page éditoriale.
Source Serif Pro — corps des articles. Serif académique, presque journal de référence. La contraste avec Anton est volontaire : la forme parle de la passion automobile, le fond garde la rigueur du reportage.
JetBrains Mono — légendes, citations entre guillemets, codes Telegram stylisés. Le monospace évoque les messageries cryptées, élément narratif central du sujet.
Trois partis pris techniques.
Vidéos de cover en autoplay silencieux. Chaque épisode démarre par une boucle vidéo de 8 secondes en MP4 optimisé (H.264, 1.2 Mo max). Lecture muted par défaut — pour passer les politiques d'autoplay des navigateurs — avec un toggle son discret en bas à droite. Détection de connexion lente : fallback sur poster JPG pour les visiteurs en 3G.
Carte interactive de la Belgique des rassos. SVG de la Belgique avec zones de police identifiées (Mons-Quevy, Charleroi, Namur, Bruxelles, Nivelles). Hover sur une zone → données chiffrées des interventions. Implémenté en SVG pur avec une fine couche de JS pour les transitions de hover. Pas de Mapbox, pas de Leaflet — tout est statique.
Reproduction de l'écran Telegram. Pour illustrer le narratif des canaux cryptés, une simulation d'écran Telegram en HTML/CSS avec messages qui apparaissent au scroll. Construit en CSS Grid + IntersectionObserver, fonctionne même sans JS (les messages sont visibles d'emblée en fallback).
Le projet, par les chiffres.
L'équipe au complet.
- Louis Dominé — journaliste, service Belgique de La Libre. Enquête sur le terrain.
- Nicolas Gobiet — journaliste, service Belgique de La Libre. Enquête sur le terrain.
- Ennio Cameriere — documentary photographer & photojournalist. Photographies des rassos.
- Bosco d'Otreppe — chef du service Belgique, La Libre. Édition & coordination.
- Didier Lorge — infographiste, cartographie des zones de police.
- Raphael Batista — graphiste, direction artistique, dev front-end.
Ce que ce projet a changé.
Rodéos urbains est mon projet « cinéma » par excellence — celui où la vidéo et la couleur prennent toute leur place sans jamais déborder le cadre éditorial. C'est aussi le projet où j'ai le plus joué avec le contraste typographique (Anton XXL face à Source Serif Pro) — un exercice que je n'aurais pas osé il y a cinq ans.
La leçon principale : un sujet à haute énergie visuelle ne demande pas plus de design — il en demande moins. La photo d'Ennio se suffit à elle-même, mon travail est de la cadrer dignement et de ne rien ajouter qui la distraie. Le making-of de ce portfolio applique exactement la même philosophie.